La rencontre du mois d'Avril a été l'occasion pour célébrer la journée de la femme. La séance a été entièrement dirigée par un bureau feminin qui en plus des pages habituelles nous on présenté un exposé sur le role de la femme dans la société que nous vous reproposons ci dessous.
LA PLACE DE LA FEMME CAMEROUNAISE ET/OU BAMILEKE DANS LA SOCIETE MODERNE
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Dans la société traditionnelle bantou, la famille a été le lieu de production et de reproduction où se mêlent valeurs culturelles, sociales et traditionnelles. La colonisation des 19e et 20e siècle puis les indépendances et l’avènement de l’émancipation de la femme ont eu des répercutions dans l’organisation des communautés familiales. D’où la perte du rôle traditionnel de la famille.
La femme a toujours joué et joue encore un rôle prépondérant dans la famille et ceux-ci suivent l’évolution sociale. Aux rôles traditionnels de celle-ci, se sont ajoutés d’autres. Parmi les rôles traditionnels de la femme nous avons:
La nourricière de la famille
La procréatrice
L’éducatrice des enfants
La tenancière du ménage
1. La femme nourricière de la famille
Le rôle de nourricière va de la production des vivres à savoir cultiver les champs et en extraire les denrées nécessaires à l’alimentation de la famille à leur cuisson. Dans la famille traditionnelle, la production des vivres est un rôle de nourricière est presque entièrement dévolu à la femme et pour ce, elle passe des journées entières courbée à retourner la terre avec des outils rudimentaires tels houe, machette, pioche, etc. Pendant ce temps, l’homme s’occupe de la chasse, de la pèche ou de la récolte du vin qui animera les grandes conversations sous l’arbre à palabres ou durant le conseil des sages du village. Il faut souligner que la contribution de l’homme dans ce rôle se limitait au défrichage de la parcelle à cultiver. Avec l’introduction des produits de rente tels cacao, café, coton, etc. l’égoïsme masculin s’est accru et les hommes se dédiaient de plus en plus à l’entretien de leurs plantations dont les bénéfices étaient personnels quoique la femme y apportait sa minime contribution.
Au terme donc de ses interminables journées de travail, la femme était encore celle qui devait rentrer à la cuisine afin de concocter de délicieux mets au feu de bois, dans une fumée épaisse dans l’optique de nourrir sa progéniture et son époux qui parfois ne daignait proférer un ‘’merci’’.
Avec l’introduction de la mécanisation et les nouvelles technologies, rien n’a changé et la vie de la femme camerounaise ou bamiléké est cadencée par cet enchaînement effréné de travaux pénibles. La femme rurale en souffre de plus en plus car l’unique ressource disponible pour lui procurer les denrées alimentaires reste la terre qu’elle bêche sans cesse. A ce point la question à se poser est celle de savoir si le mentalité masculine a subit des modifications avec le temps et la politique du gouvernement camerounais. L’homme contribue-t-il ou encore assiste-t-il la femme dans son rôle de nourricière de la famille ?
2. La femme procréatrice
Certes que le rôle de procréatrice a été réservé absolument à la femme depuis la création mais dans la société camerounaise et surtout bamiléké, celui-ci est plus accentué par le besoin d’une descendance plus ou moins nombreuse. La satisfaction du besoin d’une main-d’œuvre pour les travaux des champs ou pour la gestion d’une activité commerciale d’une part et le respect des traditions tel ‘’ne pas se faire enterrer avec une pierre dans la main’’ fait que la femme se trouve à pérenniser l’espèce sans son consentement. Des statistiques montrent que dans la société traditionnelle camerounaise, la moyenne était de six enfants par femme indépendamment que celle-ci soit dans un foyer polygamique ou pas. A titre d’exemple, le célèbre Mongo Faya disposait de quatre-vingt femme et d’une pléiade d’enfants tandis que le fameux chef Ewondo Omgba bissogo avait une centaine de femmes et bien plus d’enfants.
Avec l’arrivée du modernisme et toutes ses conséquences, la moyenne d’enfant par femme a baissé mais ne serait-ce pas la crise économique la vraie cause ? Peut-on croire que la femme camerounaise ou bamiléké ait connu la même émancipation que la femme européenne au point de choisir son partenaire puis décider de ses accouchements ? La femme camerounaise a elle aussi subit l’émancipation mais reste encore écrasée par le poids des coutumes et des traditions, influencée par le jugement des autres. Que dire de ces jeunes lycéennes qui abandonnent les études pour satisfaire le vœu des parents qui désirent voir le petit-fils avant leur dernier jour ? Que dire de ces mariages brisés par la non venue au monde du bébé précieux et dont la cause est toujours la femme ? La maternité est un rôle précieux dans la société traditionnelle et même moderne mais la femme camerounaise et/ou bamiléké désire l’assumer avec beaucoup plus de considération et de respect.
3. La femme éducatrice
Par le canal du cordon ombilical la mère et le fœtus échangent non seulement la vie mais tout ce dont aura besoin le nouveau-né dans la vie. A la naissance, la coupure de ce cordon n’est que physique car l’enfant restera pour toujours lié à sa mère par un ‘’ cordon invisible’’. Ce contact permanent entre la mère et l’enfant instaure de manière automatique le rôle d’éducatrice à la femme. C’est elle qui par ses chants berce l’enfant et lui transmet par conséquent l’utilisation du premier instrument de musique qu’est la voix. C’est elle qui enseigne à l’enfant comment se comporter dans la société et ainsi que le respect des traditions ancestrales. C’est encore elle qui enseignera à la jeune fille comment veiller sur ses jeunes cadets, comment les porter sur le dos, comment cuisiner, comment prendre soin de son corps et aussi comment l’utiliser.
Dans la société bamiléké précoloniale le rôle d’éducatrice était axé sur deux plans à savoir :
· La femme était responsable de la formation de base et affective de l’enfant par le développement de sa sensibilité et de son intelligence. Cette première phase de son éducation très affectueuse qui se prolongeait jusqu’à quatre, voire 6 ans était caractérisée par une attention totale de la mère à l’enfant
· En deuxième lieu, la femme était responsable de la formation intellectuelle, technique et sociale de la jeune fille dont la personnalité était modelée sur celle de sa mère.
Dans la famille moderne, on a noté une réduction de ce rôle de la femme avec l’entrée en scène des pères qui autrefois se limitaient à l’initiation des jeunes garçons adolescents. De nos jours, les pères sont un peu plus responsables et soucieux de l’éducation de l’enfant ; comme par exemple les préparer le matin puis les accompagner à l’école ou encore leur lire des fables le soir avant de les porter au lit. Ceci dénote une grande amélioration dans la répartition des rôles au sein de la famille. Mais combien d’hommes assistent-ils les femmes dans l’éducation des enfants ? Le rôle de l’homme est-il encore limité à initier les jeunes mâles aux taches réservées aux hommes comme dans la famille traditionnelle ou à suivre les matches de foot confortablement assis et se faire servir par leurs fidèles domestique ?
4. La femme tenancière du ménage
Comment de nos mamans ont vu écrire sur leurs pièces d’identité la profession de ménagère ? Ceci n’est pas un lointain souvenir mais démontre que la femme dans la société camerounaise et aussi bamiléké est la ménagère. Afin de voir plus clair, une description de la journée d’une femme dans les familles Maka à l’est du Cameroun nous montre que :
La femme se réveillait généralement tôt, entre 5h et 5h30 pour les taches matinales telles chercher de l’eau à la rivière, faire le ménage, faire la vaisselle et préparer le repas du matin. Aux environs de 7h, avant le levée effectif du soleil et du réveil de son époux, elle se déployait dans les champs et le temps qu’elle y mettait dépendait de l’ampleur du travail. Une fois le travail terminé, elle se ravitaillait en tout ce dont elle aura besoin dans la soirée à savoir les vivres et le bois de chauffage. Elle revenait des champs entre 15h et 18h et une fois rentrée, se livrait à la cuisine, à l’entretien des enfants et de son époux. En temps de semailles, après le repas du soir elle se livrait à la sélection des semences pour le travail du lendemain. Au terme de ceci, elle n’avait que les dernières heures avant minuit pour elle.
Dans la société camerounaise et bamiléké caractérisé par une économie d’autosubsistance, la femme était le socle de la famille. Et en tant que nourricière, procréatrice, éducatrice et tenancière du ménage, on peut corroborer avec Claude Lévi-Strauss qui affirme que les femmes sont ‘’ les valeurs par excellence à la fois du point de vue biologique et du point de vue sociologique et sans lesquelles la vie n’est pas possible.’’
5. La femme chef de famille
Avec l’avènement des indépendances, des démocraties et de l’émancipation des femmes, les rôles traditionnels ont été altéré. C’est ainsi que l’on trouve dans la famille moderne camerounaise la femme chef de famille. Les raisons d’un tel phénomène sont à mettre à l’actif des veuvages, des divorces, des séparations et du célibat, tous inconnus dans les anciennes sociétés bantou.
En tant que chef de famille donc, la femme moderne veille sur la sécurité, l’ordre, l’alimentation, l’éclosion sociale, bref sur tous les aspects relatifs au bien-être de son petit monde. En outre, dans les foyers à deux, ce rôle se traduit parfois de manière insidieuse où derrière son époux elle tire les ficelles. Et ne dit-on pas que derrière un grand homme se cache une grande dame ? Comme preuve de leur dynamisme, nous citerons la création de l’OUA née à Addis-Abeba en 1963 et inspirée du mouvement panafricain des femmes créé par les épouses des chefs d’état africain le 31 juillet 1962 à Dar-Es-Salam.
6. La femme génératrice de revenus
Avec l’avènement du développement économique, la fonction de production des vivres pour l’alimentation de la famille est restée la même avec une petite variante. Dans la société moderne, celle-ci produit plutôt de l’argent comme contribution à la satisfaction des besoins de la cellule familiale. La femme en couple ou non s’efforce donc de s’insérer dans la vie active en trouvant un travail permanent ou en exerçant de petites activités lucratives. Ces efforts sont appuyés par une politique du gouvernement qui réduit de plus en plus le fossé créé par des décennies de préjugés socioculturels. Aujourd’hui, la femme camerounaise se retrouve dans toutes les sphères de la vie de la nation camerounaise et non plus faire le petit commerce, le ménage ou encore les travaux champêtres.
Parlant avec les chiffres, dans le gouvernement né du remaniement ministériel du 09 Décembre 2009, sur un total de 60 postes ministériels, la femme occupe neuf soit un 15%. Cette légère augmentation est significative mais pas suffisante vu le poids sociopolitique de la femme camerounaise. Le traditionnel ministère des affaires sociales reste un acquis pour la femme mais à celui-ci s’ajoutent et fait plus marquant le ministère des domaines, du cadastre et des affaires foncières puis celui de la recherche scientifique et de l’innovation. Au sein de l’Assemblée Nationale, on note la présence de 25 femmes sur un total de 180 députés soit 13.88%. Ce chiffre est ridicule et pousse à se demander ce que fait le gouvernement camerounais des conventions qu’il signe. Loin de s’affirmer et de s’investir sur le champ politique qui reste et demeure une chose masculine, la femme camerounaise a un poids considérable sur la vie économique et se retrouve surtout dans le secteur informel. Forte de ses 51% de la population camerounaise, la femme camerounaise aujourd’hui est une grande source de revenus non seulement pour sa famille ou son foyer mais aussi pour le pays. Elle n’attend que le respect et l’application des conventions internationaux signés par le Cameroun afin de faire éclore son géni. Mais entre temps, elle devra prendre conscience de son rôle déterminant dans tous les aspects de la vie et peser sur les décisions politiques afin de se faire entendre.
7. Conclusion
Mme Marie José Intia, présidente de l’association des femmes Mboum de Douala, tire la sonnette d’alarme, chiffres à l’appui : " Sur les dix gouverneurs de région, combien y a-t-il de femmes ? Zéro ! Sur les 58 préfets que compte le Cameroun, on a combien de femmes ? Sur les 360 sous-préfets que compte le Cameroun, on a combien de femmes ? Sur les 180 députés à l’Assemblée nationale, on a combien de femmes ? Tous les le chiffres sont insignifiants ! Voilà juste un cliché de ces inégalités. Vous conviendrez donc avec moi que le thème 2011, à savoir ‘Egalité d’accès à l’éducation, à la formation, à la science et à la technologie : vers un travail décent pour les femmes’ est loin d’être une réalité au Cameroun. " En 1995, la 4ème Conférence mondiale sur les femmes à Beijing a planté le cadre nécessaire à la concrétisation des objectifs d'égalité entre les sexes. Ces ambitions sont reparties en 12 domaines prioritaires : la pauvreté, l’éducation et la formation, la santé, la violence à l'égard de la femme, les conflits armés, l’économie, le pouvoir et la prise de décision, les mécanismes institutionnels, les droits de la femme, les médias, l’environnement et la jeunesse féminine. 17 ans plus tard, que sont devenues les résolutions de Beijing ? Les choses ont-elles évolué au Cameroun ?
Instances de décision
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Nombre de
femmes
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Nombre
d’hommes
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Effectif total
|
Pourcentage
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1. Gouvernement
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6
(5 ministres + 1 sec. d’Etat)
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≈ 55
|
≈ 60
|
10%
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2. Parlement (Assemblée Nationale)
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25
députés
|
155
|
180
|
13,8%
|
3. Collectivités
décentralisées
(Mairies)
|
20
maires
|
319
|
339
|
5,8%
|
4. Universités d’Etat
|
1
Recteur
|
5 Recteurs
|
6
|
16,6%
|
5. Partis politiques
|
2
de femmes
leaders
|
198
|
≈ 200
|
1%
|
6. Sociétés d’Etat
|
3
Directeurs
|
67
|
≈ 70
|
4,28%
|
Pourcentage total des femmes dans les Instances de décision au
Cameroun. 6,6%
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Sources : Archives de l’Assemblée Nationale. 2008
Au terme de cet exposé s'en est suivi un long et houleux débat qui pouvait se résumer à une invitation à l'endroit des filles et femmes NDE à s'impliquer de plus en plus dans la vie de l'association afin de laisser leur empreinte.
la séance en images
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| Gateau et champagnes de la femme |
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| La tenue de la journée de la femme 2012 au Cameroun |

































